samedi 26 septembre 2009

Modernité

La boutique de vêtements et accessoires de flamenco s'annonce maison espagnole depuis 1950. Prétendant se moderniser et s'ouvrir à une nouvelle clientèle, elle a ajouté il y a une dizaine d'années à côté de "danse classique" et "flamenco", la mention "drag queens". Cependant, les drag queens ayant progressivement disparu du Marais, cette touche de modernité est devenue l'accroche la plus vieillotte de la vitrine.

mercredi 23 septembre 2009

Cher Roberto Bolano,

Tu es mort de façon stupide (quoiqu’à la mode) : un rhume ! Tant pis pour toi ! tu n’entendras pas tout le bien que je pense de tes livres.

mardi 22 septembre 2009

Saut sémantique

Le chef disait qu’untel n’était pas un sauteur, pour dire qu’il n’était pas arrogant et paresseux, et cet écart entre le sens véritable de ce mot et celui qu’il lui prêtait trahissait sa crainte jalouse qu’untel ne séduise son assistante.

lundi 21 septembre 2009

Je ne m'amusais pas

Bette Davis est agaçante avec ses leçons sur le travail ( « All about Bette »): « je ne m’amusais pas, je travaillais », disait-elle de sa bouche tordue par un accident cardiaque en parlant de son jeu au cinéma, leçon que sa pierre tombale continue d’assener.

vendredi 18 septembre 2009

Fractures

Je pense à cette obsession de Fourcade : rendre la simultanéité des choses. Moi j’aimerais rendre l’enchaînement des pensées et surtout leurs fractures.

dimanche 15 février 2009

"Tous les soirs de ma vie" vient de paraître

http://www.editions-verticales.com/fiche_ouvrage.php?id=299&rubrique=3

lundi 29 décembre 2008

Les vivants et les gribouilleurs

Deux amis se rencontrent dans un café. Ils savent parler. Leur dialogue est enjoué et drôle. L'enchaînement de leurs idées est brillant, inattendu. Et surtout, le rythme de leur échange est parfait. Vif. Sans silence qui ne soit parfaitement calibré. J'envie leur naturel, leur talent dans la vie. Et moi, je gribouille dans un carnet ce qu'ils disent, tentant maladroitement de retenir une once de leur vitalité, de leur esprit. S'ils étaient écrivains, c'est-à-dire, s'ils savaient écrire comme ils vivent, ils seraient de grands écrivains, du moins de très bons scénaristes. Mais c'est cela, l'ironie. Ce sont ceux qui ont le plus talentueux dans la vie qui se contentent de vivre, et les autres, qui écrivent, ou plutôt, qui gribouillent, toujours à la traîne des premiers.

mardi 25 novembre 2008

emboîtements

"Tous les romans que j'ai écrit depuis "A Rebours" sont contenus en germe dans ce livre", Huysmans, A Rebours. "les Qing, en tant que dernière dynastie, ont accumulé toute la mémoire de la Chine, chaque nouvelle dynastie compilant toute l'histoire des précédentes", Zhu, Le Monde de ce jour.

mercredi 19 novembre 2008

Boudin humain dans le journal d'aujourd'hui

trois recettes chirurgicales contre l'obésité : le choix s'opère entre l'installation d'un anneau compressant l'estomac le conduisant à être plein plus vite, l'agrafage de l'estomac ou encore la modification du circuit digestif.

mardi 11 novembre 2008

Le réseau farce

La Recherche du temps perdu : "un immense micmac, un réseau farce" (R. Barthes, Fragments d'un discours amoureux, L'informateur).

jeudi 30 octobre 2008

Disharmonie artistique

"Sartre aurait pu être le créateur du mot au lieu d'occuper le fauteuil de premier bouffon de la philosophie. Sans les tracas amoureux et calculateurs de son compagnon, Beauvoir aurait pu passer à la postérité comme une des rares philosophes de son espèce. Et à cause de cette disharmonie artistique, nous lecteurs, nous retrouvons asphyxiés face à des romans qui ressemblent à des biographies (Beauvoir) et à des essais qui ont des complexes de roman (Sartre)" Nuria Amat, Nous sommes tous Kafka, Allia.

mardi 28 octobre 2008

Inévitable et stimulant

Pierre Le Pillouër, décidément toujours à deux doigts de la diffamation, fustige, sur Sitaudis.com le dernier livre de Dominiq Jenvrey, ET, paru au Seuil dans la collection Fiction & Compagnie. Se présentant comme le résistant d'un "Empire" bien insituable, il se flatte de ne pas avoir participé au jeu de piste mis en place par Jenvrey ("Dominique Jenvrey répond à vos questions sur les extraterrestres"), et auquel Action restreinte a participé ainsi que d'autres blogs et sites amis. Mais le livre numérique est aussi inévitable que stimulant ; les liens du net permettront des jeux de piste comme celui de Jenvrey, et bien davantage. Et il est certain que naisseront des livres marelles qui s'appuieront sur des bibliothèques numériques de livres, d'images, de morceaux de musique, fonctionneront en écho ou en des boucles complexes.

jeudi 2 octobre 2008

Traces

Chaque mot prononcé ne serait-il pas la trace d'un mot perdu ?

dimanche 28 septembre 2008

La plante suicidée

Certaines personnes ont une manière véritablement poétique de parler. C'est par exemple la femme qui, après avoir évoqué le suicide récent d'une amie, se plaint du dépérissement de sa plante verte.

dimanche 7 septembre 2008

Jamais un de mes personnages ne se lève

"Mon livre est dépouillé de ce qui occupe la majeure partie des romans : à moins que ce ne soit pour faire signifier à ces actes quelque chose d'intérieur, jamais un de mes personnages ne se lève, ne ferme une fenêtre, ne passe un pardessus etc." M. Proust, Lettre à Henri Ghéon.

mercredi 2 juillet 2008

Impossible impossible

Que le fait d'écrire soit impossible, tout le monde le sait. j'ai appris aujourd'hui que Proust avait été un temps bibliothécaire.

mardi 5 février 2008

Plus je travaille et plus je ne fais rien

plus je prends conscience que ce qui m'intéresse, c'est d'abord la parole : comment le texte peut rendre la chose parlée.

Tu y allais souvent avant, un message tous les quinze jours

- c'était une sorte de journal.

vendredi 19 octobre 2007

Une collecte d'histoires parlées

Certains jours, je me plais à penser que le grandlivre n'est peut-être qu'une rêverie. La rêverie d'un livre titanesque, ramassis de mots, d'images, et de sons, tels les débris de marmots, de bras coupés, et d'animaux composant la robe de La mariée de Niki de Saint Phalle. Le modèle que je lui donne actuellement est tout simplement et immodestement peut-être "Les contes de Canterbury". Oui, une collecte d'histoires parlées. Une série d'histoires de ce temps nouveau, mais déjà ancien, entrant curieusement en relation entre elles. Trop aveuglée par mon grand projet, j'ai du me replier sur une histoire, une des microhistoires qui composeront peut-être le grandlivre. Une voix de femme seule obsessionnelle, poussée jusqu'à la plus grande liberté possible (qui pourra être envisagée aussi comme la plus grande des automaticités).

mardi 3 juillet 2007

Quoi de pire

Quoi de pire que de voir chez un médiocre une tentative d'écrire le grandlivre (qui ne se contente plus de s'écrire) ? C'est tout simplement accablant de voir ainsi gaspillée une ambition somme toute bonne, et qui, dans les meilleurs jours, est même la seule qui me donne du souffle ! Finalement, cela se passe toujours comme ça : les meilleures idées sont réalisées par les plus mauvaises mains, si bien que sans cesse, les bonnes idées sont gâchées de façon tout à fait lamentable. Et les meilleurs d'entre nous n'ont plus qu'à réaliser des idées déjà réalisées, ou, encore, de petites idées que les plus mauvais ne nous auront pas (encore) volées (car les plus mauvais sont toujours, par hypothèse, les plus rapides à l'exécution, pour des raisons aisément devinables). Ceci est à prendre comme un avertissement : quiconque s'attèlera au grandlivre tentera d'être un peu talentueux, je veux dire, expérimentera vraiment quelque chose. Vous me promettez de faire un effort ?