dimanche 15 février 2009
"Tous les soirs de ma vie" vient de paraître
http://www.editions-verticales.com/fiche_ouvrage.php?id=299&rubrique=3
lundi 29 décembre 2008
Les vivants et les gribouilleurs
Deux amis se rencontrent dans un café. Ils savent parler. Leur dialogue est enjoué et drôle. L'enchaînement de leurs idées est brillant, inattendu. Et surtout, le rythme de leur échange est parfait. Vif. Sans silence qui ne soit parfaitement calibré. J'envie leur naturel, leur talent dans la vie. Et moi, je gribouille dans un carnet ce qu'ils disent, tentant maladroitement de retenir une once de leur vitalité, de leur esprit. S'ils étaient écrivains, c'est-à-dire, s'ils savaient écrire comme ils vivent, ils seraient de grands écrivains, du moins de très bons scénaristes. Mais c'est cela, l'ironie. Ce sont ceux qui ont le plus talentueux dans la vie qui se contentent de vivre, et les autres, qui écrivent, ou plutôt, qui gribouillent, toujours à la traîne des premiers.
mardi 25 novembre 2008
emboîtements
"Tous les romans que j'ai écrit depuis "A Rebours" sont contenus en germe dans ce livre", Huysmans, A Rebours.
"les Qing, en tant que dernière dynastie, ont accumulé toute la mémoire de la Chine, chaque nouvelle dynastie compilant toute l'histoire des précédentes", Zhu, Le Monde de ce jour.
mercredi 19 novembre 2008
Boudin humain dans le journal d'aujourd'hui
trois recettes chirurgicales contre l'obésité : le choix s'opère entre l'installation d'un anneau compressant l'estomac le conduisant à être plein plus vite, l'agrafage de l'estomac ou encore la modification du circuit digestif.
mardi 11 novembre 2008
Le réseau farce
La Recherche du temps perdu : "un immense micmac, un réseau farce" (R. Barthes, Fragments d'un discours amoureux, L'informateur).
jeudi 30 octobre 2008
Disharmonie artistique
"Sartre aurait pu être le créateur du mot au lieu d'occuper le fauteuil de premier bouffon de la philosophie. Sans les tracas amoureux et calculateurs de son compagnon, Beauvoir aurait pu passer à la postérité comme une des rares philosophes de son espèce. Et à cause de cette disharmonie artistique, nous lecteurs, nous retrouvons asphyxiés face à des romans qui ressemblent à des biographies (Beauvoir) et à des essais qui ont des complexes de roman (Sartre)"
Nuria Amat, Nous sommes tous Kafka, Allia.
mardi 28 octobre 2008
Inévitable et stimulant
Pierre Le Pillouër, décidément toujours à deux doigts de la diffamation, fustige, sur Sitaudis.com le dernier livre de Dominiq Jenvrey, ET, paru au Seuil dans la collection Fiction & Compagnie. Se présentant comme le résistant d'un "Empire" bien insituable, il se flatte de ne pas avoir participé au jeu de piste mis en place par Jenvrey ("Dominique Jenvrey répond à vos questions sur les extraterrestres"), et auquel Action restreinte a participé ainsi que d'autres blogs et sites amis.
Mais le livre numérique est aussi inévitable que stimulant ; les liens du net permettront des jeux de piste comme celui de Jenvrey, et bien davantage. Et il est certain que naisseront des livres marelles qui s'appuieront sur des bibliothèques numériques de livres, d'images, de morceaux de musique, fonctionneront en écho ou en des boucles complexes.
jeudi 2 octobre 2008
dimanche 28 septembre 2008
La plante suicidée
Certaines personnes ont une manière véritablement poétique de parler. C'est par exemple la femme qui, après avoir évoqué le suicide récent d'une amie, se plaint du dépérissement de sa plante verte.
dimanche 7 septembre 2008
Jamais un de mes personnages ne se lève
"Mon livre est dépouillé de ce qui occupe la majeure partie des romans : à moins que ce ne soit pour faire signifier à ces actes quelque chose d'intérieur, jamais un de mes personnages ne se lève, ne ferme une fenêtre, ne passe un pardessus etc."
M. Proust, Lettre à Henri Ghéon.
mercredi 2 juillet 2008
Impossible impossible
Que le fait d'écrire soit impossible, tout le monde le sait.
j'ai appris aujourd'hui que Proust avait été un temps bibliothécaire.
mardi 5 février 2008
Plus je travaille et plus je ne fais rien
plus je prends conscience que ce qui m'intéresse, c'est d'abord la parole : comment le texte peut rendre la chose parlée.
vendredi 19 octobre 2007
Une collecte d'histoires parlées
Certains jours, je me plais à penser que le grandlivre n'est peut-être qu'une rêverie. La rêverie d'un livre titanesque, ramassis de mots, d'images, et de sons, tels les débris de marmots, de bras coupés, et d'animaux composant la robe de La mariée de Niki de Saint Phalle.
Le modèle que je lui donne actuellement est tout simplement et immodestement peut-être "Les contes de Canterbury". Oui, une collecte d'histoires parlées. Une série d'histoires de ce temps nouveau, mais déjà ancien, entrant curieusement en relation entre elles.
Trop aveuglée par mon grand projet, j'ai du me replier sur une histoire, une des microhistoires qui composeront peut-être le grandlivre. Une voix de femme seule obsessionnelle, poussée jusqu'à la plus grande liberté possible (qui pourra être envisagée aussi comme la plus grande des automaticités).
mardi 3 juillet 2007
Quoi de pire
Quoi de pire que de voir chez un médiocre une tentative d'écrire le grandlivre (qui ne se contente plus de s'écrire) ? C'est tout simplement accablant de voir ainsi gaspillée une ambition somme toute bonne, et qui, dans les meilleurs jours, est même la seule qui me donne du souffle ! Finalement, cela se passe toujours comme ça : les meilleures idées sont réalisées par les plus mauvaises mains, si bien que sans cesse, les bonnes idées sont gâchées de façon tout à fait lamentable. Et les meilleurs d'entre nous n'ont plus qu'à réaliser des idées déjà réalisées, ou, encore, de petites idées que les plus mauvais ne nous auront pas (encore) volées (car les plus mauvais sont toujours, par hypothèse, les plus rapides à l'exécution, pour des raisons aisément devinables).
Ceci est à prendre comme un avertissement : quiconque s'attèlera au grandlivre tentera d'être un peu talentueux, je veux dire, expérimentera vraiment quelque chose. Vous me promettez de faire un effort ?
mardi 19 juin 2007
macro ou microscope ?
Régulièrement, se pose la question de la maladie de l'oeil : myopie ou presbytie ? L'écriture ne peut être qu'une maladie de l'oeil. Le tout est donc de choisir sa maladie. "Petit" livre ou livre total ?
dimanche 22 avril 2007
En parlant
En parlant à ma grande amie, dans un café au nom assez insolite pour m'égayer malgré tout, j'ai été reprise, soudainement (le jour est sans doute mal choisi pour l'évoquer) par l'enthousiasme du grandlivre, du livre qui s'écrit dans toutes les directions, et ne connait pas de limites. Ni géographiques (le grand livre n'attend pas le lecteur, mais dé-boussolé, pourfend le monde, galoppe dans toutes les directions à la fois, touche simultanément toutes les parties du globe), ni temporelles (il est édité dès qu'il est écrit, s'écrit pendant qu'il est lu), ni de supports (oeuvre plus totale que le film, la revanche du texte). En écoutant les arguments de ma grande amie pour le papier, caractère fini, appropriable du livre papier, mais aussi intime, l'ami que l'on emporte partout avec soi,la concentration que l'on n'acquiert pas devant un écran, le retrait particulier qu'implique le livre-papier, je suis résolument convaincue de la potentialité immense, euphorisante du grandlivre.Pas vous ?
mercredi 11 avril 2007
Impatience
Je n'en peux plus d'attendre. J'aimerais qu'il se passe quelque chose au plus vite. Lire quelque chose de totalement neuf, qui me déchire la pensée, voir quelque chose de fulgurant, qu'une idée, une véritable idée, soit prononcée. Mais rien ne se produit, ou jamais assez vite. Des dizaines de livres me tombent des mains, ou pire me plaisent à moitié. Et il faudrait m'en contenter ! Rognures d'ongles, nous dit ce brave Henry Miller, prendre des rognures d'ongles de ce qui nous tombe sous la main. Mais avouons que les rognures d'ongles n'appaisent que faussement la faim, et n'ont pas bon goût, n'ont pas de goût à vrai dire.
vendredi 30 mars 2007
De vous à moi
De vous à moi, la tentation est souvent forte d'abandonner la partie du grandlivre. De laisser là mes exigences, sans doute obsolètes, et d'écrire un bon petit roman bien linéaire, à peine écrit, et d'accepter de lire les bons petits romans, linéaires, à peine écrits, que l'on nous prie d'ingurgiter sans broncher.
Je suis assez contre le style en littérature. Non pas que je prône la transparence de l'écriture, bien au contraire. Mais l'idée d'une langue belle, élégante, précise, qui composerait le beaustyle d'un écrivain m'écoeure plus qu'autre chose. Car qui sait parler et qui sait écrire ? Je préfère à ceux qui prétendent savoir écrire, ou apprendre à le faire, ceux qui, comme Novarina, prétendent désapprendre la langue, écrire pour la défaire, pour ne plus rien savoir d'elle. Ce n'est que lorsque la littérature atteint ces degrés-là d'inconnaissance, qu'elle mérite d'exister.
lundi 5 mars 2007
Tout viendrait du Livre
Comment ne pas être attirée, tentée, par cette imagerie de la grande Institution qui nous ferait presque croire que tout vient du Livre. Non pas d'un livre ou de livres, mais du Livre, scindé en deux : Livre des lois évoquant directement le Livre confié à Moïse. Parmi les dorures, les anges supermusclés et définitivement sexués, les femmes nues chevauchant le temps, les têtes un peu maladroites de personnages censés suggérer la justice, les codes des lois, diffusant la lumen justitia, sont devenus les Torah et Talmud de la synagogue laïque.
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